A partir de témoignages recueillis depuis plusieurs années, des associations dénoncent :
– des conditions d’hébergement indignes: des chambres surpeuplées, parfois insalubres, infestées de punaises de lit et de cafards
– des défauts de suivis de familles : dossiers administratifs incomplets ou non traités, qui peuvent mettre en péril la procédure d’asile engagée, ou encore des empêchements d’accès aux soins.
Quelles associations ?
- Le Secours Catholique
- La ligue des droits de l’homme
- Le secours populaire
- La Cimade
- Le collectif agir
- Le réseau hospitalité
Des témoignages glaçants de demandeurs d’asile
L’article publié par Libération « Demandeurs d’asile : soupçons de mauvais traitements au Caes de Marseille » offre directement la parole à de nombreux demandeurs d’asile. Tous nomment des conditions d’accueil et d’accompagnement contraires à toutes les valeurs pourtant défendues par l’association.
Je suis restée six heures dans le froid avec le petit dans un pagne sur mon dos et le plus grand blotti contre moi. (une dame poussée à la sortie du CAES)
Je n’en pouvais plus. Elle passait son temps à nous rabaisser. Alors qu’on mérite au moins la dignité. (en parlant de la cheffe de service)
Alors que je demandais juste à changer de chambre, que je partageais avec un couple, « la cheffe » m’a dit que si je voulais du confort, je n’avais qu’à rentrer chez moi.
Du côté des salarié.e.es
Depuis avril 2019, cinq salariés ont préféré partir, d’autres sont en arrêt maladie longue durée. «J’ai fui avec un sentiment énorme de culpabilité, mais je ne pouvais plus être témoin de ça» dit l’une d’elles.
Anciens et actuels salariés décrivent de leur côté une cheffe de service «malsaine», «autoritaire», «perverse» qui menace, insulte, humilie et harcèle tous ceux qui s’opposent à son autorité.
La direction choisi la politique de l’autruche
Aux témoignage des demandeurs d’asile comme aux alerte des associations ou des salariés, le directeur général répond FAKE NEWS ou tout comme :
« Chasse aux sorcières en meute » et « diffamation envers la cheffe de service« . Rien que ça.
Une fois de plus, la direction choisit de ne pas entendre et préfère balayer les critiques d’un revers de la main.
La parole qui dérange n’aurait donc pas de valeur? Choquant pour les professionnel.le.s de l’asile dont l’essentiel de l’accompagnement est basé sur le recueil de la parole de souffrance de l’autre.
Le secours catholique a claqué la porte du conseil d’administration
Après avoir essayé en vain de dialoguer avec la direction sur la situation au CAES, le Secours Catholique, membre fondateur de l’association a choisi de quitter le conseil d’administration de Forum réfugiés en juin 2021.
Véronique Devise, présidente nationale, précise que
Ce qu’il se passe au CAES ne correspond tout simplement pas aux valeurs du Secours catholique.
Ni aux valeurs que portent chaque jours de très nombreuses salariées de l’association a besoin d’ajouter la CGT Forum réfugiés!
Que se passe-t-il au CAES de Septèmes ?
Déjà en mars 2020, la CGT avait alerté la direction générale, la directrice premier accueil et même le président de l’association suite à la reprise de la chambre hors cadre réglementaire et en plein confinement d’une jeune femme avec son bébé. D’une voix commune, ils avaient répondu : tout est normal !