Le leitmotiv de l’extrême droite, limiter les droits des personnes étrangères par tous les moyens : exemple avec les élections des représentant.e.s du personnel

Dans le cadre des débats relatifs à la loi portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi, un amendement était déposé en catimini le 22 septembre afin de modifier le Code du travail dans sa partie consacrée aux élections professionnelles.

Cet amendement, présenté par les députés d’extrême droite siégeant à l’Assemblée nationale, proposait la rédaction suivante « Sont électeurs l’ensemble des salariés âgés de seize ans révolus « maîtrisant couramment la langue française » au prétexte que « seules les personnes qui sont en mesure de s’exprimer en langue Française puissent siéger dans les instances de représentation, qui jouent un véritable rôle sur leur organisation interne et leur capacité d’influence externe. »

Nous aurions pu penser que cette volonté d’être en capacité de pouvoir s’exprimer couramment en langue française pouvait aussi viser celles et ceux qui imposent fréquemment l’anglais lors de ces réunions.

Il n’en est rien car ce qui se cache derrière cet amendement ne constitue ni plus ni moins que la volonté de stigmatiser une fois de plus les travailleurs étrangers, et de manière plus générale les étrangers.

Il est vrai qu’en d’autres circonstances on ne fit que peu de cas de ces choses-là. Un détail sans doute… comme le reste.

S’est-on ému du fait que lors de la reprise héroïque en 1916 du fort de Douaumont les hommes composant notamment le régiment d’infanterie coloniale du Maroc, ceux du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais et du 4e régiment d’infanterie coloniale du Maroc ne maîtrisant pas couramment la langue française ?

Fallait-il faire passer un test de langue aux hommes de la 2e DB du Général Leclerc constituée en partie de déracinés et notamment de nombreux républicains espagnols ayant fui le franquisme ?

Que dire alors de l’incurie du patronat lorsqu’il fut question de recruter massivement des forces vives dans les mines, le BTP ou encore l’industrie automobile ?

Alors, ne vous laissez pas duper par ces imposteurs qui quoiqu’ils en disent n’ont pas changé de logiciel ou d’ADN.

Au bureau, dans l’atelier, à la cantine ou la cafétéria, parlez-en et ne lâchez rien à ces gens-là ! Honte à eux !

Fort heureusement, cet amendement n’a pas été adopté.

Edito d’Olivier CADIC / Directeur juridique Atlantes avocat sur le numéro de novembre de la PLUME DE L’ALOUETTE

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